C'est par une charte datant du 20 octobre 704, que le roi Childebert III fit don à l'abbaye de Fontenelle (appelée de nos jours Saint Wandrille) de la terre d'Aupec où il fit "édifier une église en l'honneur et révérence de Saint-Wandrille"...
Qui est Wandrille et pourquoi ce don de la terre d'Aupec ?
Wandrille est né vers l'an 600. Il est le fils du comte de Verdun, courtisan du roi Dagobert 1er. Il entre jeune dans la vie monastique, puis reçoit en don une terre du fisc royal située près de Rouen, à proximité d'une source abondante nommée la Fontenelle. Wandrille y fonde un monastère et une multitude de moines se rassemble autour de lui. Sa réputation s'étend fort loin, durant sa vie et après sa mort, le samedi 22 juillet 668.
Son successeur, le moine Lantbert, reçoit dans son monastère Érembert, originaire de Filiacumcortis, aujourd'hui Feuillancourt, lieudit de Saint-Germain-en-Laye, situé le long de la rue Schnapper d'aujourd'hui. Érembert y décède en 670. Son frère Gamard et ses deux fils se cloîtrent à leur tour à Fontenelle en abandonnant à l'abbaye tous leurs biens.
C'est ainsi que l'abbaye de Fontenelle entre en possession de Feuillancourt, domaine proche d'Aupec.
Wandrille est vénéré comme un saint.
De son vivant, les vertus de Wandrille éclatent aux yeux de tous, ses miracles sont notoires et depuis sa mort, nombreuses sont les guérisons dues à son intercession. Le culte liturgique de Wandrille commence avec l'élévation de ses reliques le lundi de Pâques 704. De nombreuses donations parviennent à l'abbaye.
La plus notoire est celle du roi Childebert III qui lui fait don, le 20 octobre 704, de plusieurs terres royales, en particulier de celle d'Aupec, où il fit "édifier une église en l'honneur et révérence de saint Wandrille". L'origine de l'église d'Aupec est ainsi déterminée et, en même temps que la terre d'Aupec, donnée aux religieux de Fontenelle.
La terre d'Aupec était couverte de vignes donnant une récolte assez abondante. Elle fournissait annuellement à son monastère 350 muids de vin (un muid = 228 litres). Le vin est nécessaire pour la célébration des messes.
Par ailleurs, l'austère règle de Saint Benoît n'accorde aux moines qu'une nourriture ascétique et n'autorise comme boisson que le vin mêlé d'eau. Toutes les communautés bénédictines ont donc veillé à ce que leur vignoble soit de choix et leurs dîmes de vin importantes. Les religieux de Saint-Wandrille furent attentifs à la conservation d'un bien aussi productif. Ainsi, depuis son prieuré d'Aupec, l'abbaye Saint-Wandrille introduisit le vin en Normandie.
C'est toute une activité vinicole qui se développa alors au Pecq : culture de la vigne, vendanges, pressurage, embarquement des fûts de vin au port, transport sur la Seine.