La formation du village d'Aupec
Si le nombre d'habitants d'Aupec est, vers l'an 1000, presque insignifiant, le territoire à défricher et à cultiver dépasse 1000 arpents (environ 500 hectares).
En 1020, du côté de l'Occident, quand Saint-Léger est érigé en paroisse, Aupec est diminué de la terre de Feuillancourt, mais n'en reste pas moins assez considérable.
Du côté du Midi, il comprend l'écart de Grandchamp, le hameau de Demonval au-dessous de Mareil, et s'étend jusqu'au hameau de la Montagne, proche de la paroisse de L'Étang. À l'Est, il va jusqu'au territoire de Carrières; de l'autre côté de la Seine, il englobe la forêt d'Echauffour, actuellement Le Vésinet.
Bûcherons tout d'abord, les villageois d'Aupec sont amenés à planter des vignes. La terre est propice à cette culture, aujourd'hui remise à l'honneur. En ce temps-là, les moines en reconnaissent toute la valeur puisque chaque année, le prieuré d'Aupec doit fournir à l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle un certain nombre de muids de vin de ses vignes.
Cette culture a été, cependant, insuffisante pour assurer la manne quotidienne des habitants d'Aupec.
Fort heureusement pour eux, ils ont la Seine. Ils sont bûcherons, cultivateurs, vignerons, mais surtout "voituriers par eau". Jusqu'au 19e siècle, le voiturage par eau est prospère. Allant de pair, sécurité et économie favorisent les mariniers ... Ceux d'Aupec, aussi bien que ceux de Poissy, sont souvent employés au service du Roi. En 1239, le frère de Louis IX, futur Saint Louis, Charles, tombe malade à Saint-Germain. Le 23 juillet, on le transporte à Vincennes depuis Aupec; pour ce transfert, les porteurs touchent 37 sols et les mariniers d'Aupec, 25 ... Plus tard, dans un compte de Bâtiments de Poissy et d'Aupec, il est noté que ceux qui ont ramé pour sa Majesté Louis XV ont reçu 337 livres, 10 sols.
D'autres comptes annuels font savoir que les porteurs et les mariniers d'Aupec sont payés à la tâche.
Henri Cholet.